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Un allié complotiste de Trump candidate pour superviser les élections en Arizona
Un allié complotiste de Trump candidate pour superviser les élections en Arizona / Photo: © AFP

Un allié complotiste de Trump candidate pour superviser les élections en Arizona

Lunettes sérieuses, diplôme d'avocat et cravate impeccable : en apparence, Alexander Kolodin a tout ce qu'il faut pour gérer les élections en Arizona, un État clé aux États-Unis. Le problème, c'est qu'il a été sanctionné pour avoir propagé les mensonges de Donald Trump en 2020.

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Le milliardaire républicain, qui refuse toujours de reconnaître sa défaite à la présidentielle cette année-là, présente son poulain de 40 ans comme "un guerrier de l'intégrité électorale".

Lors des élections de mi-mandat mardi prochain, il espère le voir élu secrétaire d'État en Arizona, un poste chargé de superviser les élections dans cette région du sud-ouest, et qui certifiera les résultats de la présidentielle 2028.

"On veut qu'un secrétaire d'État ait exactement ce look-là, un peu nerd", s'est amusé mi-octobre le président - qui blague régulièrement sur sa volonté de briguer un troisième mandat, au mépris de la Constitution américaine.

Défait avec seulement 10.000 voix de retard en Arizona par Joe Biden en 2020, le tribun s'est à l'époque appuyé sur M. Kolodin pour tenter d'invalider les résultats.

L'avocat comptait parmi l'équipe qui a déposé une plainte volumineuse de 300 pages, censée prouver des fraudes électorales massives.

Jugée sans fondement, la procédure lui a valu un blâme du barreau et une mise à l'épreuve de 18 mois, avec obligation de suivre des cours de déontologie.

- "Extrémiste" -

"C'est un extrémiste, et (...) ce n'est pas le genre de personnes que vous voulez voir gérer vos élections", dénonce auprès de l'AFP l'actuel secrétaire d'État d'Arizona, Adrian Fontes.

En campagne pour sa réélection, le démocrate estime que M. Kolodin "pourrait aller jusqu'à permettre au président Trump de briguer un troisième mandat en Arizona".

"Il trouverait une explication juridique torturée pour y parvenir", redoute-t-il. "Ce type est radical à ce point-là."

Contacté, M. Kolodin a ignoré de multiples demandes d'interviews.

Lors d'un débat en août, un animateur lui a demandé s'il était un "complotiste électoral". Il a rejeté cette étiquette "absurde" et "ridicule", en promettant de "rétablir des élections légales, sûres, transparentes et honnêtes".

Ces dernières semaines, Donald Trump fait feu de tout bois pour préparer les esprits à une possible contestation des résultats des élections de mi-mandat, lors desquelles il risque de perdre sa majorité au Congrès.

Son administration a tenté en vain de s'ingérer dans les procédures électorales de plusieurs États, en les accusant d'avoir des étrangers sur leurs listes, et le président a promis une récompense d'un million de dollars aux Américains signalant l'existence d'une fraude avérée.

Dans ce contexte délétère, les antécédents de M. Kolodin préoccupent les anciens responsables conservateurs des élections en Arizona.

"Ce qui m'inquiète, c'est de le voir raconter des mensonges sur les élections et détruire la confiance que les électeurs ont dans leur système électoral", confie l'ex-Secrétaire d'État républicain Ken Bennett, qui a occupé le poste pendant six ans.

- Vote par correspondance -

L'ex-élu de 67 ans s'alarme notamment d'un référendum érigé en priorité par M. Kolodin.

Soumis au vote mardi, le texte propose d'obliger les électeurs d'Arizona à prouver leur identité lorsqu'ils votent par correspondance.

Donald Trump tempête depuis des années contre cette méthode, assurant sans preuves qu'elle est un nid à fraudes.

En Arizona, l'immense majorité des votants présentent déjà une pièce d'identité lorsqu'ils s'inscrivent sur les listes électorales. Quand ils envoient ensuite leur bulletin signé par la poste, leur paraphe est vérifié par des travailleurs électoraux.

De nombreux spécialistes dénoncent donc le référendum poussé par M. Kolodin comme inutile, et s'inquiètent que le texte ne précise pas comment les électeurs par courrier devraient prouver leur identité.

Le mode d'emploi devrait être imaginé ultérieurement par le parlement local, contrôlé par les républicains.

"On demande aux électeurs d'Arizona de voter pour quelque chose, sans leur dire exactement ce à quoi ils consentent", résume Bill Gates, autre ancien élu républicain et spécialiste de l'administration des élections à l'Arizona State University. "C'est inquiétant."

Pour lui, comme pour M. Bennett, ce texte pourrait être utilisé pour restreindre sévèrement l'accès au vote par correspondance, utilisé par la majorité des électeurs en Arizona.

"Beaucoup de républicains adorent cette façon de voter, et M. Kolodin veut la supprimer à cause de théories du complot", s'alarme de son côté Adrian Fontes, le candidat démocrate. "C'est dingue."

Y.al-Hamad--BT