Boeing en perte à cause des futurs Air Force One mais l'horizon semble dégagé
Le constructeur aéronautique américain Boeing a annoncé mardi une perte nette au deuxième trimestre, moins creusée qu'un an plus tôt et liée, surtout, à une charge supplémentaire pour le programme des futurs avions présidentiels américains.
Entre avril et juin, l'avionneur a enregistré une perte nette de 428 millions de dollars, contre une perte nette de 612 millions un an plus tôt.
Le consensus des analystes de Factset attendait un petit bénéfice net de dix millions de dollars.
Mais c'était sans compter une charge de 280 millions de dollars au titre des deux avions présidentiels - qui prennent le nom de code Air force One lorsque le président américain est à bord -.
Cette somme englobe un accroissement des ressources et des effectifs affectés au programme, baptisé VC-25B, afin de respecter l'ultime calendrier dévoilé en décembre 2025: premier appareil mi-2028, le second l'année suivante.
Dans les échanges électroniques avant l'ouverture de la Bourse de New York, l'action Boeing gagnait 1,45%.
Le contrat entre l'Armée de l'Air des Etats-Unis et Boeing a été signé en 2018, portant sur la livraison de deux avions 747-8 spécialement aménagés pour 3,9 milliards de dollars.
La livraison était initialement prévue avant fin 2024 mais elle a pris du retard, notamment à cause d'altérations demandées par l'administration lors du premier mandat de Donald Trump. La facture s'est alourdie pour Boeing au fil des ans, car c'est un contrat à prix fixe.
La perte nette par action à données comparables - donnée privilégiée par les marchés - ressort à 76 cents, contre une perte nette de 1,24 dollar un an plus tôt.
"Nous continuons d'avancer dans la bonne direction et nous avons de nouveau réalisé un solide trimestre pour notre entreprise", a commenté Kelly Ortberg, PDG de Boeing, dans un message adressé aux employés, constatant "beaucoup de bonnes choses".
- Sur la trajectoire -
Si le groupe achève un autre trimestre dans le rouge, il a en effet réussi à tenir ses objectifs d'amélioration du chiffre d'affaires (+8% sur un an à 24,56 milliards de dollars) et de flux de trésorerie positif (631 millions de dollars).
Il reste sur la trajectoire de la fourchette de 1 à 3 milliards sur l'année.
Ceci grâce au rebond des livraisons d'avions commerciaux, dans le sillage des cadences accrues de production du monocouloir 737 MAX après la crise profonde due à un incident en janvier 2024. Il perçoit en général 60% du prix à la livraison.
Le groupe a livré au premier semestre 314 avions (+12% sur un an). C'est son meilleur niveau pour cette période en six ans, soit avant deux crashes du 737 MAX 8 ayant fait 346 morts au total.
Le régulateur de l'aviation (FAA) a supprimé, en octobre 2025, le plafond mensuel de 38 appareils 737 MAX imposé après l'incident de début 2024. Depuis, l'avionneur augmente graduellement sa production, qui atteint 47 actuellement avec l'ambition de grimper à 63 et peut-être davantage.
"Nous avons bâti les fondations pour accomplir le travail important qui nous attend encore cette année", a relevé M. Ortberg.
Il attend avec impatience la certification des deux dernières versions de ce best-seller: celle du 737 MAX 7 semble imminente, d'après plusieurs sources, et celle du 737 MAX 10 devrait suivre rapidement. Pour le gros porteur 777-9, ce sera un peu plus tard.
Sur le trimestre, Boeing a aussi enregistré 246 commandes nettes et hissé son carnet de commandes à plus de 6.200 avions commerciaux (597 milliards de dollars, un record).
Et le groupe revient du salon de Farnborough (Royaume-Uni), la semaine dernière, avec 173 commandes fermes et options exercées dans son escarcelle, soit davantage que son grand rival européen Airbus (154 commandes).
A noter également une hausse de 13% du chiffre d'affaires de la branche Défense, Espace et Sécurité (BDS) grâce notamment à des contrats avec l'armée américaine.
Toutes branches confondues, le carnet de commandes atteignait 715 milliards à fin juin.
P.al-Jassim--BT