Trump dit s'attendre à une reprise dans la semaine des négociations avec l'Iran
Donald Trump a déclaré dimanche s'attendre à une reprise sous peu des discussions avec l'Iran, au lendemain de son rejet d'un plan formulé par Téhéran pour rouvrir sous sept jours le détroit d'Ormuz.
Après sept mois d'une guerre qui ébranle l'économie mondiale, les deux camps n'arrivent toujours pas à trouver une issue diplomatique.
Dans ses déclarations au média Axios, le président américain a une nouvelle fois rejeté les conditions posées par Téhéran dans son offre.
"Ils veulent conclure un accord, mais ce n'est pas l'accord que je veux conclure", "c'est ce que nous aurions peut-être accepté il y a un an", a affirmé M. Trump, estimant que les Iraniens avaient "surestimé leurs cartes en mains".
Selon Axios, des discussions indirectes, par l'entremise des médiateurs qataris, pourraient avoir lieu dès lundi, moins d'une semaine après des pourparlers là aussi indirects entre d'un côté, les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner, de l'autre le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi en marge de l'Assemblée générale de l'ONU à New York.
Donald Trump avait annoncé samedi rejeter la proposition de Téhéran, affirmant que les dirigeants iraniens voulaient cet accord car "ils sont en train de méchamment perdre".
Mais l'Iran, notant ses fréquentes contradictions, a dit attendre une réponse définitive pour décider de la suite. "Jusqu'à présent, rien ne nous a été transmis par le médiateur", a relevé M. Araghchi.
Le détroit d'Ozmuz, par où transitait avant-guerre un cinquième des hydrocarbures mondiaux, est au coeur du conflit que les Etats-Unis et Israël ont déclenché fin février avec des frappes sur l'Iran.
Depuis, la République islamique en revendique le contrôle, et Washington impose en retour un blocus aux ports iraniens.
- "Tentative cynique" -
"Tout mouvement vers la réouverture du détroit d'Ormuz dépend de la satisfaction" des demandes de Téhéran, "nous ne reviendrons pas dessus", a insisté le chef de la diplomatie iranienne.
Ces conditions figuraient déjà dans le protocole d'accord signé en juin qui visait à mettre durablement fin au conflit et mener à des pourparlers sur le volet sensible du programme nucléaire iranien. Mais il a volé en éclats autour des conditions de passage dans le détroit d'Ormuz.
Outre l'arrêt immédiat des hostilités sur tous les fronts, le texte prévoyait le déblocage et le versement d'avoirs iraniens gelés dans la foulée de la Révolution islamique en 1979 et la levée des sanctions américaines, qui étranglent l'économie du pays.
Mike Waltz, ambassadeur des Etats-Unis auprès des Nations unies, a pour sa part dénoncé sur NBC une "tentative assez cynique" des Iraniens "de mettre quelque chose sur la table dont ils savaient que c'était inacceptable".
Il a reproché à l'Iran de réitérer ces exigences "alors que nous avions conclu un protocole d'accord (...) qui a été immédiatement violé par des attaques contre la navigation internationale".
Sur la même chaîne, M. Araghchi a dénoncé en retour de "vieilles accusations infondées".
Alors que Donald Trump doit affronter l'impopularité croissante de la guerre au Moyen-Orient, qui a fait flamber le prix des carburants, il n'a pas écarté une reprise des frappes.
Selon le Wall Street Journal, il pourrait recourir à cette option après les législatives de mi-mandat le 3 novembre.
- "Manquements" -
Sur le terrain, une accalmie a été observée ces dernières semaines: les Etats-Unis n'ont pas frappé l'Iran depuis le 1er septembre, même si des navires sont régulièrement pris pour cible dans le détroit d'Ormuz.
Dimanche, les Gardiens de la Révolution iraniens ont affirmé y avoir saisi un drone sous-marin américain "de pointe" opérant "à des fins d'espionnage".
La situation est aussi très tendue au Yémen. Ce pays est devenu le nouveau front régional, depuis la reprise en juillet du conflit opposant les Houthis pro-iraniens au gouvernement yéménite et à son parrain saoudien, après des années de pause.
Le mouvement antigouvernemental a lancé en septembre une offensive meurtrière, consolidant son contrôle sur le détroit de Bab el-Mandeb, autre passage stratégique pour les exportations pétrolières qui relie l'Europe à l'Asie via le canal de Suez.
"La stabilité de cette région vitale est directement liée à la sécurité énergétique mondiale", a rappelé samedi le chef de la diplomatie saoudienne, Fayçal ben Farhane, devant l'Assemblée générale de l'ONU à New York.
Il a accusé la communauté internationale d'avoir fait preuve de "manquements quand elle aurait dû assumer ses responsabilités" à cet égard.
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R.al-Mulla--BT