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Journée test pour la convergence des "colères", entre jeunes et gilets jaunes
Journée test pour la convergence des "colères", entre jeunes et gilets jaunes / Photo: © AFP

Journée test pour la convergence des "colères", entre jeunes et gilets jaunes

Un samedi de mobilisation pour réunir différentes "colères" : anciens gilets jaunes, lycéens, étudiants, militants du climat et même agriculteurs se donnent rendez-vous pour une journée protéiforme contre la "vie chère" avec des blocages et manifestations dont l'ampleur est difficile à prévoir.

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A six mois de l'élection présidentielle, l'appel à faire renaître le mouvement des gilets jaunes, qui avait marqué le premier mandat d'Emmanuel Macron, a rencontré la protestation des lycéens et étudiants pour de meilleures conditions d'études et ramené en haut de l'agenda politique la question de la place offerte aux jeunes.

"Beaucoup n'ont pas encore le droit de vote, alors la rue, on la prend" et "Toucher aux enfants, c'est nous toucher tous", peut-on lire dans l'appel à mobilisation lancé sur le site 17octobregiletjaune.net, qui appelle aussi habitants des quartiers, paysans, ouvriers ou retraités à descendre dans la rue et sur des ronds-points ou autour de points stratégiques.

L'ampleur de la mobilisation reste difficile à anticiper pour les autorités, au premier jour des vacances scolaires et alors qu'une intersyndicale a pour sa part appelé les salariés du public et du privé à manifester et faire grève le 5 novembre, notamment pour les salaires et les services publics. La CGT a appelé à soutenir les actions de ce samedi là où les "conditions seront réunies".

- Cellule de crise -

Quelque 1.500 actions, manifestations ou blocages, sont annoncées dans toute la France sur le site internet dédié. Au-delà des manifestations dans les centres-villes et des rassemblements sur des ronds-points, symboles de la France périphérique et du mouvement des gilets jaunes de 2018-2019, il est question de barrages filtrants ou blocages pouvant toucher gares, ponts, péages, stations-service, raffineries et dépôts pétroliers.

L'entourage du ministre de l'Intérieur a évoqué environ 500 actions "envisagées" et plus de 90 projets de manifestations.

Emmanuel Macron a lancé vendredi, depuis Bruxelles, un appel "au calme", en estimant que le "droit de manifester" doit s'accompagner du "respect" sans "insulter" ni "casser".

"Des débordements sont anticipés dans les cortèges notamment parisiens et dans les grandes villes" et "les actions de blocage sur des axes structurants et des équipements majeurs, importants, essentiels, ne seront pas tolérées", a prévenu l'entourage de Laurent Nuñez.

Samedi, les grenades assourdissantes, dont l'usage a été suspendu pour le mouvement lycéen après des incidents graves, pourront être utilisées en cas de "violences urbaines extrêmement graves", selon le ministre.

Selon une source policière, quelque 150.000 manifestants sont attendus hors agglomération parisienne, autour de 40.000 à Paris.

Le parcours du cortège parisien a fait l'objet de discussions serrées avec la préfecture de police. Organisations étudiantes et lycéennes, qui demandent depuis plus d'une semaine à être reçues par le Premier ministre, voulaient aller "jusqu'aux lieux de pouvoir" dans le centre de la capitale, mais ça n'a pas été autorisé.

Finalement, le rendez-vous a été fixé à 14H place de la République, en direction de la place de Clichy.

- "Un peu l'inconnu" -

En vue des mobilisations attendues, le Premier ministre Sébastien Lecornu a convoqué une cellule interministérielle de crise (CIC).

"Quoi qu'il advienne le 17, c'est pas en une journée qu'on va régler le problème, il faut se faire entendre beaucoup plus longtemps", a exhorté sur BFMTV mardi, depuis le cortège parisien des lycéens, Jérôme Rodrigues, figure médiatique des gilets jaunes, éborgné lors d'une manifestation en janvier 2019 à Paris.

Ces derniers jours, le gouvernement a tenté de désamorcer le mécontentement de certains segments de la population : nouvelle rencontre avec les organisations lycéennes jeudi soir, qui les a de nouveau laissées insatisfaites, enveloppe de 500 et 700 millions d'euros débloquée pour le plan de relance agricole pour 2027, alors que le spectre d'une mobilisation des agriculteurs a ressurgi, prolongation d'aides à l'achat de carburants.

Côté politique, Jean-Luc Mélenchon a salué sur X "un moment important où s'exprimeront (...) l'exaspération aiguë de très nombreux secteurs de la société, notamment le mouvement actuel de la jeunesse étudiante et lycéenne", tout en dénonçant une "période de violences policières et de répression disproportionnées permanentes". Plusieurs députés LFI seront dans les cortèges.

La cheffe des Ecologistes Marine Tondelier et le patron du Parti communiste Fabien Roussel manifesteront également.

"C'est un peu l'inconnu pour tout le monde, le 17 octobre. On y participera mais on ne sait pas trop ce que ça va donner", résumait jeudi auprès de l'AFP un cadre de LFI.

X.al-Zamel--BT