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Feu dans les Landes : "amorce" de retour à la normale, des évacués autorisés à rentrer

Feu dans les Landes : "amorce" de retour à la normale, des évacués autorisés à rentrer

Un "travail de fourmi" mais un incendie "pas encore fixé" : la lutte menée depuis quatre jours contre le vaste feu de forêt dans les Landes commence à porter ses fruits, avec une première vague d'habitants autorisés à rentrer chez eux dimanche soir.

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"Le feu est moins intense mais il n'est pas encore fixé", a annoncé dans son dernier point presse le préfet des Landes, Gilles Clavreul.

Depuis jeudi, l'incendie a ravagé quelque 1.700 hectares de pinèdes et provoqué l'évacuation de 650 habitants dans les villages de Luglon et Garein, sans victimes ni dégâts matériels, au cœur de l'immense massif des Landes de Gascogne.

Pour M. Clavreul, le fait que certaines soient désormais "à l'abri du feu" permet la "réintégration dès ce soir d'une cinquantaine d'habitants" de Garein.

- "Ca fait plaisir de rentrer" -

"Ca fait plaisir de rentrer à la maison!", s'est exclamé Philippe Dandy, un retraité de 68 ans, en foulant à nouveau les gravillons qui mènent vers sa maison de plain-pied aux tuiles ocres, tout heureux de la retrouver "intacte".

 

Pendant que les évacués éligibles au retour rentraient au compte-goutte dimanche soir, elle est restée dans la salle des fêtes du bourg auprès des bénévoles au téléphone pour prévenir les heureux élus.

Malgré cette "amorce de retour à la normale", des zones "difficiles et dangereuses (...) sont toujours très actives", a nuancé le préfet des Landes, espérant le retour de la totalité des habitants "dans la semaine".

Selon le colonel Arnaud Fabre, patron des pompiers du département, "une seule reprise de feu" a été constatée dimanche, permettant aux 550 sapeurs-pompiers, appuyés par des dizaines de bénévoles, agriculteurs et habitants du territoire, de "sécuriser un maximum de lisières".

- "On a bossé comme des monstres" -

À bord de plusieurs camions-citernes pour feux de forêt, ou à pied munis de lances à incendie, les pompiers ont pénétré dans l'après-midi par une dense végétation dans le massif pour noyer sous la mousse cette reprise de feu, sur un terrain carbonisé et fumant de plusieurs centaines de mètres, a constaté une équipe de l'AFP.

"L'objectif, c'est de fixer la lisière, qu'elle ne progresse plus, qu'elle arrête de grignoter la végétation et qu'elle ne s'approche pas des habitations", a expliqué sur place le chef d'une colonne de pompiers des Landes, Gwendal Sirvent.

"C'est un travail de fourmi", a complété le commandant Alexandre Bourmaud, chef de secteur. Mais il est "essentiel car les reprises de feux sont souvent plus violentes que les feux eux-mêmes".

"C'est un territoire où l'eau n'est pas accessible et disponible facilement", or les agriculteurs disposent de cuves de plus de 16.000 litres, qu'ils "mettent à disposition pour que les pompiers s'approvisionnent (...). Ça les aide beaucoup", a souligné auprès de l'AFP Vincent Villenave, vice-président de la chambre d'agriculture des Landes.

L'heure reste à la prudence et Gérard Uriona, un retraité de Luglon qui a refusé d'évacuer pour "sauver (sa) maison" jeudi, a assuré plus tôt avoir, avec d'autres riverains, "bossé comme des monstres toute la nuit", pour éviter tout nouveau départ.

Alors que deux Dash, quatre Canadair et le mégahélicoptère Chinook, prêté par l'Australie, s'étaient relayés incessamment samedi dans le ciel, les moyens aériens mobilisés ont été plus discrets dimanche.

- Lecornu en Gironde -

Il s'agit du troisième incendie majeur cet été dans l'immense massif, majoritairement planté de pins maritimes desséchés par les vagues de chaleur favorisées par le changement climatique, après ceux fin juillet de Biscarrosse (Landes, 3.700 hectares) et Saumos (Gironde, 42.000 hectares).

En amont d'une visite officielle pour lancer la reconstruction des zones sinistrées en Gironde, le Premier ministre Sébastien Lecornu s'est rendu dimanche au Porge, une commune littorale ravagée en juillet par les flammes avec près de 200 habitations détruites, selon son entourage.

En France, 2026 bat déjà le record de surfaces brûlées en 20 ans de mesures satellitaires, selon le système européen de surveillance des feux (Effis), qui recense près de 100.000 hectares brûlés.

Dans les Ardennes, près de 100 hectares de forêt ont brûlé depuis samedi, un feu désormais "circonscrit", selon la préfecture locale.

La sécheresse favorise aussi les départs de feu ailleurs en Europe, notamment en Belgique, confrontée à l'un des plus grands incendies de son histoire, avec désormais près de 3.000 hectares brûlés dans un parc naturel proche de l'Allemagne. Des feux font aussi rage en Aragon (nord-est de l'Espagne) et sur des îles grecques.

X.al-Zamel--BT