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Niger: le correspondant de la radio allemande Deutsche Welle écroué à Niamey
Niger: le correspondant de la radio allemande Deutsche Welle écroué à Niamey / Photo: © AFP/Archives

Niger: le correspondant de la radio allemande Deutsche Welle écroué à Niamey

Le correspondant de la radio allemande Deutsche Welle au Niger, Gazali Abdou, a été incarcéré vendredi à Niamey, a appris l'AFP de ce média.

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Le Niger est dirigé depuis plus de deux ans par un régime militaire dont la répression des voix discordantes et de la presse est régulièrement dénoncée par des ONG internationales.

L'incarcération de Gazali Abdou intervient le lendemain de la "remise en liberté provisoire" de Ali Soumana, patron de l'hebdomadaire Le Courrier.

Celui-ci avait passé plus de quatre mois en détention préventive suite à une plainte du Premier ministre nigérien, cité dans un article publié par l'hebdomadaire sur une affaire de "fraude de cigarettes" portant sur "plusieurs milliards de francs CFA" (plusieurs millions d’euros) et impliquant plusieurs autres personnalités.

"Un collaborateur de la Deutsche Welle a été arrêté", a confirmé à l'AFP le porte-parole de la radio allemande.

Si la Deutsche Welle n'a pas donné de détails sur les motifs de l'incarcération de M. Abdou, elle ferait suite, selon des témoignages de ses proches sur les réseaux sociaux "à la réalisation d'un reportage consacré aux conditions de vie des réfugiés nigérians résidant actuellement à Niamey".

Ce reportage, réalisé en langue haoussa et publié le 15 janvier sur le site de la Deutsche Welle, montre des dizaines "de migrants et réfugiés nigérians" majoritairement des femmes et des enfants réfugiés dans des cimetières ou des bâtiments en friche de la capitale, assis à même le sol sous un soleil de plomb.

"Le site où nous dormons a été incendié et nous avons tout perdu y compris des vivres la Croix-Rouge nous a offerts", se désole une jeune réfugiée interviewée.

Le mardi suivant, le ministre des Affaires étrangères nigérien avait reçu une délégation de l'ambassade du Nigéria pour évoquer "la situation d’environ 1.300 réfugiés Nigérians installés à Niamey", reconnaissant leur "situation particulièrement douloureuse", selon un communiqué du ministère.

En septembre, la justice nigérienne avait condamné à 30 mois de prison ferme Hassane Zada, journaliste et figure de la société civile, pour "propos injurieux" à l'encontre du chef de la junte, le général Abdourahamane Tiani.

Selon l'ONG Amnesty International, les violations des droits civils et politiques ont augmenté au Niger depuis le putsch.

Le Niger est en 83e position sur 180 pays dans le classement de la liberté de la presse de l'ONG Reporters sans Frontières. Il a reculé de trois places en 2025.

S.al-Jaber--BT