Ukraine: la Russie appelle les ambassades à évacuer Kiev "en temps voulu"
La Russie a exhorté mercredi les ambassades étrangères à évacuer leur personnel et leurs ressortissants de Kiev "en temps voulu" avant des "frappes de représailles" inévitables si l'Ukraine venait à perturber la fête de la victoire contre l'Allemagne nazie le 9 mai.
Parallèlement, l'armée russe a poursuivi ses attaques contre l'Ukraine, signe d'"un refus évident" du cessez-le-feu proposé par ce pays, a accusé le président Volodymyr Zelensky au lendemain de la mort de près de 30 civils dans des bombardements russes.
Dans une note adressée au corps diplomatique, le ministère russe des Affaires étrangères a averti qu'il y aurait des "frappes de représailles" sur la capitale ukrainienne, "y compris contre les centres de décision", si l'Ukraine troublait les célébrations du 9 mai à Moscou.
La diplomatie russe n'a pas précisé la nature de la menace qui pesait sur ces commémorations et l'Ukraine n'a pas réagi dans l'immédiat à la diffusion de cette note.
La Russie célèbre chaque année la Journée de la Victoire de l'URSS dans la Deuxième Guerre mondiale par un grand défilé sur la Place Rouge, dans la capitale russe.
Au début de la semaine, elle a à cet égard décrété un cessez-le-feu unilatéral avec l'Ukraine pour les 8 et 9 mai.
Moscou n'a en revanche pas répondu à la déclaration de Kiev sur une cessation provisoire des hostilités à partir de mercredi 00H00, une contre-proposition formulée après la trêve annoncée par la Russie.
- Poursuite des frappes russes -
"Il est évident pour toute personne raisonnable qu'une guerre à grande échelle et les meurtres quotidiens constituent un très mauvais moment pour des +célébrations+ publiques", a quant à lui commenté M. Zelensky, rappelant que l'Ukraine répondrait par la réciprocité aux actions militaires russes.
"Le choix de la Russie est un refus évident d'un cessez-le-feu et de sauver des vies", a-t-il dénoncé sur les réseaux sociaux.
Il a affirmé que "jusqu'à 10H00" (07H00 GMT) mercredi, les forces russes avaient violé à "1.820" reprises la trêve.
Selon le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriï Sybiga, "108 drones et trois missiles" ont été tirés, notamment dans la matinée sur Kharkiv et Zaporijjia, respectivement dans le nord-est et le sud de l'Ukraine.
Dans la région de Soumy (nord), une femme a péri dans une attaque de drone russe sur un véhicule civil, tandis qu'une autre frappe sur une maternelle a fait deux morts, ont déploré les autorités locales.
- "Oeil pour oeil" -
Un officier ukrainien présent sur le front a affirmé à l'AFP, sous couvert d'anonymat, que les combats ne s'étaient pas arrêtés dans le secteur de Kramatorsk, la dernière ville d'importance sous le contrôle de Kiev dans la région orientale de Donetsk.
"L'ennemi n'a pas accepté les conditions du cessez-le-feu et ne s'y est pas conformé. Par conséquent, conformément à l'ordre du président ukrainien, notre unité a répondu de la même manière", a-t-il raconté.
Un autre militaire a dit à l'AFP que la nuit avait été "plus calme que d'habitude sur la ligne de front" mais que "l'intensité des opérations de combat" restait la même.
"L'ennemi ne respecte pas le cessez-le-feu. La réponse des forces armées ukrainiennes reste la même. Oeil pour oeil, dent pour dent", a-t-il lancé.
De son côté, la Russie a déclaré avoir abattu 53 drones ukrainiens au-dessus de son territoire entre 21H00 et 07H00 (18H00-04H00 GMT) - un nombre nettement inférieur aux plus de 200 recensés les nuits précédentes.
Cependant, ce créneau horaire ne permet ni de confirmer ni d'infirmer que l'Ukraine a violé sa propre trêve.
Le président ukrainien a appelé ses alliés à fermement condamner ces bombardements "sans justification militaire".
La Russie comme l'Ukraine ont intensifié leurs opérations ces dernières semaines, les Ukrainiens procédant à des attaques en profondeur contre les infrastructures russes, notamment pétrolières, qu'ils disent justifiées par les frappes russes et qui doivent permettre d'assécher les ressources financières de leurs adversaires.
La menace de raids de drones ukrainiens a poussé Moscou à fortement réduire l'ampleur des commémorations du 9 mai. Le défilé sur la place Rouge se fera ainsi sans équipements militaires, pour la première fois en près de 20 ans.
S.al-Majed--BT