Douze morts dans des frappes israéliennes au Liban
L'armée israélienne a intensifié mercredi ses frappes au Liban, dont quatre ont visé des voitures au sud de Beyrouth, faisant 12 morts selon le ministère libanais de la Santé, malgré la trêve en cours depuis le 17 avril.
Ces frappes, sur plus de 30 endroits distincts selon l'agence nationale d'information (ANI, officielle) interviennent alors que le Liban et Israël, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, doivent entamer jeudi à Washington une nouvelle session de pourparlers sous l'égide des Etats-Unis, malgré l'opposition du mouvement pro-iranien Hezbollah.
Deux voitures ont été ciblées sur l'autoroute extrêmement fréquentée qui relie Beyrouth au sud du pays et une troisième a été visée sur une route du même secteur, selon selon l'ANI et les photographes de l'AFP.
Un photographe de l'AFP a vu une voiture calcinée sur l'autoroute et des secouristes transportant un corps.
Une quatrième frappe a visé une voiture à l'entrée de Saïda, la grande ville du sud, à une quarantaine de km au sud de Beyrouth, selon l'ANI. Une personne a été tuée et une autre blessée, selon le ministère de la Santé.
De même source, des frappes israéliennes dans la région de Tyr (sud) ont touché trois voitures, faisant trois morts supplémentaires.
Depuis l'entrée en vigueur de la trêve le 17 avril, plus de 400 personnes ont été tuées selon un décompte de l'AFP basé sur les chiffres du ministère de la Santé. Plus de 10.000 logements ont été détruits ou endommagés dans le même temps, a par ailleurs indiqué le Conseil national de la recherche scientifique (CNRS).
- Ordres d'évacuation -
L'armée israélienne a mené mercredi des frappes dans le sud, notamment sur la région de Tyr, après avoir lancé deux ordres d'évacuation, d'abord pour six villages puis pour trois autres.
"Tsahal a commencé à frapper les infrastructures terroristes du Hezbollah dans plusieurs zones du sud du Liban", a annoncé l'armée israélienne quelques heures après l'ordre d'évacuation.
Le correspondant de l'AFP à Tyr a vu une épaisse fumée s'élever de la localité proche de Bourj al-Chemali.
Le Hezbollah a pour sa part revendiqué mercredi plusieurs attaques contre les troupes israéliennes en territoire libanais, dont certaines à l'aide de drones explosifs.
La Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) s'est dite mercredi "de plus en plus inquiète" des activités de combattants du Hezbollah et de soldats israéliens près de ses positions dans le sud du Liban.
Parmi ces activités, "le recours de plus en plus fréquent à des drones, ce qui a provoqué des explosions dans nos bases et à proximité, et fait courir des risques" aux Casques bleus, a souligné la Finul dans un communiqué.
Le Hezbollah a de plus en plus recours à des drones à fibre optique, peu coûteux, pour attaquer l'armée israélienne.
Celle-ci a établi dans le sud du Liban une "ligne jaune" à une dizaine de kilomètres de la frontière et a indiqué mardi que ses soldats avaient récemment mené une "opération spéciale" contre le Hezbollah plus en profondeur.
Aux termes de l'accord de cessez-le-feu, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense", une clause contestée par le Hezbollah.
Le Liban avait demandé lundi aux Etats-Unis de faire pression sur Israël pour qu'il arrête ses frappes, avant la tenue des négociations.
Le Hezbollah est opposé à ces discussions et son chef, Naïm Qassem, a averti mardi qu'il allait transformer la bataille en "enfer" pour Israël.
Treize personnes avaient été tuées mardi dans des frappes sur des localités du sud, selon le ministère de la Santé, venant s'ajouter à 380 autres ayant péri depuis le début de la trêve, d'après la même source.
Depuis que le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars, au moins 2.882 personnes ont été tuées, dont 200 enfants, selon le ministère de la Santé.
D'après le Hezbollah, ce bilan inclut ses membres tués.
A.al-Khalifa--BT