Israël frappe la banlieue sud de Beyrouth, dit riposter à des tirs du Hezbollah
Israël a mené dimanche des frappes sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah pro-iranien, disant riposter à des tirs ayant visé son territoire malgré un cessez-le-feu qui n'arrête pas le cycle de violence.
Le président américain Donald Trump a de son côté plaidé pour "une attaque plus chirurgicale contre le Hezbollah", dans une interview à la chaîne NBC diffusée dimanche, en espérant "voir le Liban connaître une vie meilleure".
"L'armée mène actuellement une frappe contre des centres de commandement de terroristes dans le quartier de Dahieh à Beyrouth, en réponse aux tirs du Hezbollah en direction du territoire israélien", a stipulé dimanche un communiqué conjoint avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu.
Deux appartements dans le quartier de Tahouitat al-Ghadir ont été visés, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).
Un photographe de l'AFP a vu deux appartements dans une rue étroite endommagés, et des habitants fuyant en voiture dans la panique, ce qui a causé des embouteillages.
Ces frappes sont les premières depuis le 28 mai sur cette région dont une partie des habitants n'est toujours pas revenue, malgré l'arrêt en avril des raids israéliens massifs qui la visaient.
Plus tôt dimanche, l'armée israélienne avait indiqué que deux projectiles avaient été tirés du Liban vers le territoire israélien et avaient été interceptés.
Israël avait prévenu jeudi qu'il frapperait Beyrouth en cas d'attaques du Hezbollah contre son territoire.
Sollicitée par l'AFP, l'armée israélienne a précisé qu'il ne s'agissait pas des premiers tirs vers le sol israélien depuis l'annonce de cessez-le-feu, mercredi.
Le Hezbollah n'a cependant pas revendiqué ces tirs dans un premier temps.
Un nouvel accord de cessez-le-feu avait été annoncé mercredi à l'issue d'une quatrième session de négociations entre le Liban et Israël à Washington, une trêve précédente annoncée le 17 avril n'ayant jamais été respectée.
Cet accord, rejeté par le Hezbollah, prévoit un cessez-le-feu conditionné à un "arrêt complet" des tirs du groupe chiite soutenu par l'Iran, tout en permettant une poursuite à ce stade des tirs et opérations de l'armée israélienne dans le sud du Liban.
- Tyr à nouveau menacée -
Dans le sud du Liban, l'armée israélienne a commencé à mener des frappes en fin d'après-midi sur Tyr, selon l'Ani, après avoir sommé les habitants de la ville côtière et ses environs, dont des camps de réfugiés palestiniens, d'évacuer.
La ville millénaire, où s'entassent des déplacés des villages environnants, est pilonnée intensément depuis plusieurs jours et un hôpital a été touché à deux reprises.
Les autorités locales ont évacué quelque 500 familles, déplacées de la région et qui dormaient dans des centres d'accueil, vers le quartier chrétien de la vieille ville, épargné par les menaces israéliennes, selon le correspondant de l'AFP.
Les frappes israéliennes sur le Liban ont fait 3.613 morts depuis le début de la guerre le 2 mars, selon le dernier bilan des autorités dimanche. Côté israélien, 29 soldats et un contractuel civil ont été tués au Liban, d'après l'armée.
Samedi, trois militaires libanais, dont un général, avaient été tués dans une frappe israélienne qui a visé leur véhicule dans le sud, le président libanais Joseph Aoun dénonçant "une violation flagrante du droit international".
Dans la banlieue de Saïda, trois membres d'une même famille et un secouriste tués lors d'une frappe israélienne ont été inhumés dimanche. Depuis le début de la guerre, 131 secouristes et personnels de santé ont été tués dans des frappes selon le ministère.
"Nous ne portons pas de roquettes, notre seule arme est le pain que nous distribuons. Ils (les secouristes) sont allés donner du pain à la famille, mais alors qu'ils partaient, un drone les a touchés", a déclaré à l'AFP Qassem Foani, un secouriste qui participait aux funérailles.
I.al-Mahmood--BT