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Téhéran et Washington doivent entrer dans le vif du sujet vendredi en Suisse
Téhéran et Washington doivent entrer dans le vif du sujet vendredi en Suisse / Photo: © AFP

Téhéran et Washington doivent entrer dans le vif du sujet vendredi en Suisse

Les Etats-Unis et l'Iran signeront vendredi en Suisse leur protocole d'accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, point de départ de deux mois de négociations, avec comme première étape la réouverture très attendue du détroit d'Ormuz.

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La cérémonie se déroulera dans un hôtel de luxe du Bürgenstock, une montagne surplombant le lac de Lucerne, a indiqué mardi à l'AFP le ministère suisse des Affaires étrangères.

Il se situe au centre de la Suisse, donc difficilement accessible et aisément sécurisable, a-t-il expliqué, ajoutant qu'il avait été "proposé par les médiateurs pakistanais et qatariens, ainsi que par les Etats-Unis et l'Iran".

Après plus de trois mois de guerre qui ont fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, de laborieuses négociations et de multiples volte-face de Donald Trump, les Etats-Unis et l'Iran ont fini par trouver une entente sur de grandes lignes.

Le négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf sera présent à la signature ainsi que le vice-président américain JD Vance, selon qui la présence de Donald Trump est également "possible".

Le président américain est en ce moment dans les environs, au sommet du G7 du côté français du lac Léman, à Evian.

Les trois hommes ont déjà paraphé le document de manière électronique, le président voulant ainsi "montrer son (...) abnégation à trouver une issue favorable", selon un haut responsable américain.

Le texte, dont le contenu devrait être rendu public dans les prochains jours, fait environ "une page et demie" et est "très général", a indiqué sur CNN JD Vance.

- Pétroliers iraniens -

Premier effet dans le Golfe, selon la diplomatie iranienne: le blocus américain sur les ports iraniens, imposé le 13 avril en réponse au verrouillage du détroit d'Ormuz par l'Iran depuis le début du conflit fin février, a été levé.

D'après la télévision d'Etat, trois pétroliers iraniens se trouvent en ce moment dans l'océan Indien, et d'autres navires circulent vers les ports du sud du pays.

Les Etats-Unis n'ont pas confirmé à ce stade l'information. Donald Trump avait évoqué une levée du blocus vendredi, parallèlement à la réouverture complète du stratégique détroit, dont la quasi paralysie a fortement perturbé le trafic maritime mondial et fait flamber les prix du pétrole.

Les cours continuaient de fléchir mardi, le baril du Brent, référence mondial du brut, tombant pour la première fois depuis mars sous la barre des 80 dollars.

Une incertitude demeure cependant quant à la gestion d'Ormuz: l'Iran ne compte pas revenir à la situation d'avant-guerre et entend facturer des frais liés aux services aux navires, alors que les Etats-Unis voudraient que le passage reste gratuit.

- "Répit" -

Dans une tribune au magazine Time, Ali Vaez, de l'International Crisis Group, estime que l'accord ne représente pas "une avancée majeure au sens large du terme".

"Il ne rapproche pas les discours américains et iraniens, qui semblent irréconciliables, ne règle pas le différend nucléaire et n'inaugure pas un nouvel ordre régional", dit-il.

Mais il "offre un répit permettant à la diplomatie de tenter de se remettre de la violence qui a failli l'ensevelir". Les protagonistes "marchent sur un fil", reste à voir s'ils parviendront à transformer l'essai "avant que quelqu'un ne chute".

Au cours des 60 prochains jours, place aux questions les plus délicates, où les divergences restent fortes: le programme nucléaire iranien et la levée des sanctions américaines qui asphyxient l'économie du pays.

Les discussions se dérouleront dans un climat de défiance alors que les précédents pourparlers ont été rompus à deux reprises par des frappes israélo-américaines.

"Nous avons un passif d'engagements non tenus, non appliqués, abandonnés, tout cela est présent dans notre esprit", a averti Abbas Araghchi.

Il a par ailleurs insisté mardi sur l'importance de mettre fin aussi à la guerre au Liban entre les forces israéliennes et le Hezbollah pro-iranien, dont le chef a remercié la République islamique pour son soutien.

Ailleurs dans la région, cet accord préliminaire a été accueilli avec scepticisme ou optimisme prudent.

A Téhéran, Efran, 18 ans, dit espérer qu'une levée des sanctions américaines permettra enfin de relancer une économie étranglée depuis des décennies, alors que Washington s'est "engagé", selon la diplomatie iranienne, à débloquer des avoirs iraniens gelés à l'étranger.

"Bien sûr, si les Américains tiennent parole et ne reviennent pas sur leurs promesses, comme d'habitude", tempère le jeune vendeur interrogé par l'AFP.

burx-mdh/anb

M.al-Khalaf--BT