Incendies: situation précaire dans le Var, feu "fixé" en Gironde
La situation sur le front des incendies restait "extrêmement précaire" samedi soir dans le Var, en raison de fortes chaleurs et du vent, tandis qu'en Gironde la plupart des personnes évacuées ont pu regagner leur domicile après dix jours de lutte contre un mégafeu désormais "fixé", mais pas "éteint".
Dans le massif du Gros Bessillon, dans le Var, où un brasier démarré vendredi a ravagé 1.500 hectares, l'action des pompiers sur "deux axes parallèle pour contenir les flammes "fonctionne" pour l'instant mais la situation demeure "extrêmement précaire" et peut évoluer "à chaque instant" en raison du vent et de la "chaleur insupportable", a mis en garde le préfet, Simon Babre.
Quelque 2.500 personnes ont été évacuées vendredi soir de cette zone, comme Germaine, qui a fui son village de Montfort-sur-Argens et a dormi dans un gymnase transformé en centre d'accueil.
"Je n'ai jamais vu ça, la situation ne fait qu'empirer d'année en année", se désole la retraitée, qui "attend de savoir si (sa) maison a brûlé".
Dans cette localité de 1.400 habitants perchée sur une colline, "90% de la surface boisée et naturelle a disparu", évalue le maire Philippe Chuyen.
C'est le quatrième brasier d'ampleur qu'affrontent les pompiers depuis le 19 juillet dans le centre du Var.
Des renforts sont arrivés avec 1.500 sapeurs-pompiers mobilisés, six hélicoptères bombardiers d'eau, huit Canadair et deux Dash.
A près de 600 km de là, en Gironde, le mégafeu qui a ravagé 42.000 hectares en dix jours "ne progresse plus".
- Bon retour chez vous!" -
"Feu fixé ne veut pas dire feu éteint", a néanmoins prévenu la préfète Sophie Brocas, faisant état de "deux points chauds qui demeurent", une zone dunaire près du littoral atlantique à hauteur du Porge et un secteur au sud de Lacanau.
Parmi les 224.000 personnes évacuées "au plus fort de la crise", 208.000 au total ont été autorisées à retourner chez elles, dont 10.750 samedi.
Comme à Marcheprime, commune forestière de 5.700 habitants frôlée par les flammes, où des panneaux "Bon retour chez vous" ont été installés aux entrées de la ville.
Depuis leurs véhicules, les riverains regagnant leur logement saluent le maire qui les accueille sur le parvis de l'hôtel de ville, certains retenant difficilement leur émotion.
"Les habitants peuvent recommencer à vivre, même s'il y a une balafre", analyse l'édile, Manuel Martinez, pour qui "il y aura un avant et un après".
A Andernos, au bord du bassin d'Arcachon, petit à petit les commerces reprennent vie. "J'en reviens pas que vous soyez ouverts!", s'enthousiasme un client en passant la porte d'une boulangerie à l'entrée de la ville.
"Pour nous, la saison est terminée", déplore cependant Christine Marrot, qui tient la crèmerie du marché couvert. Selon elle, les vacanciers ne reviendront pas avant la mi-août, minimum.
Ailleurs en Gironde, l'étape de la reconstruction a déjà commencé, surtout pour les agents d'Enedis, qui gèrent le réseau électrique.
- Gratitude -
"Je viens d'Agen mais je me suis porté volontaire pour aider", explique le technicien Xavier Picotto, qui aide à remplacer des poteaux en bois par des équivalents en béton, plus résistants aux futures flammes.
Désormais une nouvelle bataille s'engage, qui consistera à surveiller les "feux zombies", braises couvant sous terre plusieurs mois.
Le trafic SNCF, interrompu depuis le 26 juillet au sud de Bordeaux, a repris samedi à l'occasion du week-end de chassé-croisé des vacanciers.
Les autorités dénombrent toujours 240 habitations détruites par cet incendie, le plus dévastateur en France depuis 1949, même si ce bilan doit encore être consolidé.
"Il n'y a pas de morts, il n'y a pas de blessés, sauf du côté des sapeurs-pompiers", a déclaré Sophie Brocas. Plus de 330 pompiers ont été pris en charge médicalement, selon la préfète.
Sur le terrain, la gratitude envers les secours est toujours bien visible. Contraints de fermer en raison du sinistre, de nombreux restaurants ont contribué à l'effort de solidarité en fournissant une partie des produits utilisés pour les repas des pompiers.
Au total, 119.000 hectares ont été parcourus depuis le début de l'année en France par les incendies, un phénomène facilité par la sécheresse, elle-même accentuée par le changement climatique et les récentes canicules exceptionnelles.
Sur la France entière, 308 personnes ont été interpellées, dont 33 incarcérées, dans le cadre d'enquêtes sur les départs de feu.
En Gironde, le mégafeu semble d'origine accidentelle, peut-être lié à un débroussaillage effectué par un sous-traitant d'Enedis, selon plusieurs sources.
Une enquête ouverte par le parquet de Bordeaux est toujours en cours à ce propos.
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N.al-Kaabi--BT