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Sénatoriales: journée décisive pour le RN, en quête d'un groupe au Sénat
Sénatoriales: journée décisive pour le RN, en quête d'un groupe au Sénat / Photo: © AFP/Archives

Sénatoriales: journée décisive pour le RN, en quête d'un groupe au Sénat

Jour de vote pour les élus locaux: les grands électeurs d'une soixantaine de départements ont commencé à voter dimanche pour les sénatoriales, une élection en forme de test pour le Rassemblement national, qui entend perturber la mainmise de la droite sur le Sénat en pleine campagne présidentielle.

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Les bureaux de vote ont ouvert à 8H30 en métropole. Un collège électoral de plus de 93.000 votants, essentiellement des conseillers municipaux, doit renouveler 178 des 348 sénateurs, élus pour six ans.

De l'Ain à l'Indre et du Bas-Rhin au Territoire de Belfort en passant par la Guyane, les formations politiques auront les yeux rivés sur les résultats, attendus à partir de la mi-journée pour une poignée de candidats élus dès le premier tour, puis tout au long de la soirée pour les autres. Les bureaux ferment à 17H30 en métropole.

Si le scrutin risque de passer au second plan au cœur d'un week-end dédié à la visite du pape en France, cette élection très atypique, dernier rendez-vous électoral majeur avant la présidentielle d'avril 2027, est riche d'enjeux.

Le Rassemblement national obtiendra-t-il pour la première fois de son histoire un groupe parlementaire à la chambre haute ? Bruno Retailleau obtiendra-t-il tous les sièges en Vendée avant de viser l'Elysée ? Le groupe macroniste doit-il craindre pour sa survie à quelques mois du départ d'Emmanuel Macron ? La France insoumise fêtera-t-elle son premier sénateur ?

- Larcher reconduit... mais affaibli ? -

Dans un scrutin où les bouleversements sont rares car il découle directement des élections municipales, la majorité acquise aux Républicains et à leurs alliés centristes n'est pas en danger.

Gérard Larcher, qui cumule déjà 15 ans à la présidence de l'institution, n'a rien à craindre non plus pour sa réélection comme patron de la chambre haute, prévue jeudi.

Mais la droite est exposée à une menace bien identifiée: la poussée du Rassemblement national, dont l'implantation locale progresse.

Le RN et ses alliés de l'Union des droites pour la République (UDR) ont coché ce 27 septembre depuis des mois: le parti lepéniste devrait tripler son nombre d'élus (trois actuellement) sans difficulté, voire le quadrupler, selon tous les observateurs.

En déplacement dans le Var, son président Jordan Bardella pourrait donc bien y annoncer la création historique d'un groupe parlementaire, accessible à partir de dix sièges.

"A sept mois de la présidentielle, cela enverrait un signal. Un groupe RN au Sénat contribuera au rééquilibrage de représentativité au Parlement", affirme la députée Edwige Diaz.

Cette candidate en Gironde symbolise bien les ambitions du RN: malgré un stock de grands électeurs insuffisant sur le papier, elle peut y croire.

Alpes-Maritimes, Var, Bouches-du-Rhône, Vaucluse... Les terrains de conquête sont légion pour le RN, qui misera sur le vote de nombreux élus sans étiquette pour créer la surprise. Et donner un nouveau coup d'accélérateur à la candidature de Marine Le Pen à l'Elysée.

L'arrivée d'un groupe RN serait "l'événement politique" de cette élection, reconnaît un cadre du bloc central au Sénat. "Un groupe RN structuré, avec du temps de parole, c'est un nouveau monde pour nous", appuie Alexandre Ouizille, sénateur socialiste qui redoute de voir le PS "perdre des plumes" après des municipales compliquées dans les villes moyennes.

- Zéro pointé pour LFI ? -

Après la perte de Bordeaux et Strasbourg, Les Ecologistes aussi peuvent souffrir... Mais une dissidence verte dans le Rhône, celle de l'ex-patron de la métropole de Lyon Bruno Bernard, pourrait paradoxalement leur offrir un siège supplémentaire, au détriment de l'ancienne ministre de François Hollande, Hélène Geoffroy.

Cette candidature hypothèque aussi les chances de la meilleure carte Insoumise, Gabriel Amard, par ailleurs gendre de Jean-Luc Mélenchon.

"Avec l'affaiblissement de LR, c'est plutôt l'espace central qui s'affirme. On aspire à être plus nombreux", veut croire le patron de l'Union centriste Hervé Marseille, qui rassemble une soixantaine de sénateurs d'horizons divers.

Horizons, représenté par le groupe des Indépendants (20 membres), peut légitimement croire à quelques gains non négligeables pour la dynamique d'Edouard Philippe sur la route de l'Elysée.

Mais les effectifs ne seront définitifs que d'ici quelques jours, après un intense mercato pour rallier les dizaines d'élus divers centre ou divers droite.

A ce jeu-là, nombre d'élus s'inquiètent du sort du groupe macroniste RDPI, orphelin de son influent président François Patriat, décédé cet été. Dimanche matin, il a déjà enregistré un revers avec la défaite de son sénateur sortant dans la collectivité d'outre-mer de Wallis-et-Futuna.

H.al-Zayani--BT