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Le campement pour le droit au logement passe une deuxième nuit au centre de Madrid
Le campement pour le droit au logement passe une deuxième nuit au centre de Madrid / Photo: © AFP

Le campement pour le droit au logement passe une deuxième nuit au centre de Madrid

Des manifestants pour le logement en Espagne, concurrencé notamment par les locations touristiques, ont campé de dimanche à lundi une deuxième nuit au coeur de Madrid, maintenant la pression sur les pouvoirs publics.

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La très touristiques place Puerta del Sol est occupée par une centaine de tentes. "Nous resterons aussi longtemps que nécessaire", a déclaré à l'AFP Alberto Macias, porte-parole du Syndicat du logement de Carabanchel, l'une des organisations à l'origine du campement de protestation.

"Nous sommes tous Maricarmen", "Plus une seule Maricarmen": sur l'emblématique Puerta del Sol, déjà occupée en 2011 par les Indignés protestant contre l'austérité et la corruption après la crise de 2008, les références à Maricarmen Abascal, 87 ans, chassée de chez elle après une vente à la découpe de son appartement, sont partout.

Mercredi, les images de son expulsion ont fait l'effet d'un électrochoc dans le pays et remis la crise du logement en Espagne sur le devant de la scène, à l'approche des législatives de 2027. Le socialiste Pedro Sanchez a promis l'annonce de mesures par son gouvernement pour mardi.

- Soutien d'Almodovar -

Dimanche, les manifestants ont reçu la visite du réalisateur espagnol Pedro Almodovar. "Il est absolument insupportable pour la société espagnole d'avoir ce problème un jour de plus. Les responsables politiques doivent le résoudre car ce sont eux qui nous gouvernent", a-t-il déclaré à la chaîne publique RTVE.

L'un des organisateurs du mouvement a lancé au mégaphone : "Nous allons donner vie à tout cela (le campement, ndlr) (...) afin que le logement cesse d'être un bien de marché pour devenir un bien de première nécessité"

"Nous n'en pouvons plus. Soit le système de location s'effondre, soit le gouvernement tombe", a résumé sur X le syndicat des locataires espagnols, qui avait appelé la population à se joindre au campement "spontanément" installé après une manifestation ayant réuni plusieurs dizaines de milliers de personnes samedi.

La mairie de Madrid, dirigée par le Parti Populaire (droite), a demandé dimanche le retour à la normale sur la Puerta del Sol, accusant le gouvernement de laisser faire, selon les médias locaux.

Mme Abascal, devenue le symbole de la crise du logement en Espagne, avait exhorté les Espagnols à se joindre au combat dans un message vidéo publié avant la manifestation de samedi.

 

"Maricarmen, j’ai un message pour toi. Le gouvernement travaille d'arrache-pied pour présenter mardi prochain le décret-loi royal sur le logement. Et je demande aux groupes parlementaires de faire un dernier effort pour qu’il soit validé au Parlement national", a-t-il poursuivi, lors d'un meeting organisé par le Parti socialiste en vue des prochaines élections municipales et régionales, elles aussi prévues en 2027.

- Loyers doublés en 10 ans -

Mme Abascal a été contrainte de quitter l'appartement où elle vivait depuis 70 ans après qu'une société immobilière a racheté le bien et augmenté le loyer de 275%, le portant à 2.650 euros, selon le syndicat.

Le cas de cette octogénaire illustre de façon brutale les difficultés à se loger qui frappe l'Espagne, où les locations touristiques de courte durée, comme Airbnb, et les "fonds vautours" sont accusés de faire flamber les prix et de réduire l'offre.

En dix ans, le prix moyen du mètre carré à la location dans le pays a presque doublé, atteignant 15,1 euros/m2 en août, selon le portail immobilier Idealista. À l'achat, il s'établit désormais à 2.355 euros, une hausse de plus de 50% sur la même période, d'après des chiffres officiels.

Madrid concentre tout particulièrement ces tensions : placée en 2025 et 2026 en tête de son classement mondial des villes prisées pour l'immobilier de luxe par le réseau Barnes, la capitale espagnole a un parc social si restreint que certains appartements sociaux sont attribués par loterie.

N.al-Refai--BT