Bahrain Telegraph - Ryad menace un site pétrolier yéménite à Sanaa, appelle les civils à évacuer

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Ryad menace un site pétrolier yéménite à Sanaa, appelle les civils à évacuer
Ryad menace un site pétrolier yéménite à Sanaa, appelle les civils à évacuer / Photo: © AFP/Archives

Ryad menace un site pétrolier yéménite à Sanaa, appelle les civils à évacuer

La coalition menée par Ryad a laissé entendre mardi qu'elle allait frapper une compagnie pétrolière yéménite près de Sanaa, émettant pour la première fois un appel à évacuer aux habitants, après des jours de frappes des Houthis sur l'Arabie saoudite.

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La coalition "demande aux civils d'évacuer le site de la Compagnie pétrolière yéménite - la station centrale d'al-Sabaha à Sanaa", a écrit son porte-parole Turki Al-Maliki dans un post sur X, accompagné d'une carte indiquant un site en périphérie ouest de la capitale.

Les Houthis ont répondu quelques minutes plus tard sur le même réseau social : "toute attaque contre la capitale Sanaa entraînera une riposte sévère et douloureuse sur la capitale de l'ennemi saoudien", ont-ils menacé, avant d'appeler les civils en Arabie saoudite à s'éloigner, eux aussi, des sites pétroliers.

Ils ont affirmé qu'ils viseraient à nouveau l'aéroport de Ryad ainsi qu'une raffinerie.

Les hostilités ont repris en juillet entre les combattants pro-iraniens et les forces gouvernementales yéménites, ainsi que l'Arabie saoudite qui les appuie militairement au Yémen. Les avions de combat saoudiens ont déjà bombardé les zones contrôlées par les Houthis dont la capitale Sanaa ces dernières semaines, mais c'est la première fois que la coalition émet un appel à évacuer.

Mardi, plusieurs drones ont été interceptés au nord de Ryad selon les autorités, et la veille en soirée de fortes explosions y avaient encore retenti.

Elles étaient cette fois précédées - pour la première fois depuis des semaines - d'un message des autorités appelant les habitants à se réfugier "dans un endroit sûr, à l'écart des fenêtres et portes".

- L'ambassade de France déconseille Ryad -

Sur la scène d'un forum économique qui se tenait au même moment, le ministre saoudien des Ressources humaines Ahmad ben Souleïmane al-Rajhi n'avait pas bougé: "on ne sort pas", avait-il dit au public après avoir regardé son téléphone. "On est en sécurité, avec l'aide de Dieu".

Premier exportateur de brut mondial et plus grande économie du Moyen-Orient, Ryad est ébranlé par ces nouvelles attaques d'une ampleur inédite, d'autant que le royaume payait déjà le prix du conflit régional, en particulier le verrouillage par l'Iran du détroit d'Ormuz.

Selon le Fonds monétaire international (FMI), le pays devrait terminer l'année sur une contraction de 3,3% de son PIB, 5 points de moins que la précédente prévision, en juillet.

L'estimation ne tient pas compte des dernières attaques, ni de la prise de contrôle par les Houthis du détroit de Bab el-Mandeb et du littoral yéménite sur la mer Rouge, qui risque également de peser sur l'économie saoudienne.

Le royaume est "mis à l'épreuve", a reconnu lundi le ministère saoudien de l'Energie.

L'ambassade de France à Ryad a déconseillé à ses ressortissants, "sauf raison impérative", de se rendre à Ryad, Jeddah et Dammam, et d'éviter les aéroports de ces villes - celui de la capitale reste pour l'heure fermé.

Les Houthis ont eux à nouveau prévenu mardi que l'espace aérien n'était pas sûr.

Au Yémen, les hostilités se poursuivaient entre les Houthis et les forces gouvernementales.

Malgré les frappes de l'aviation saoudienne, les combattants pro-iraniens ont resserré leur étau sur Taëz, troisième ville du pays, où les combats ont fait plus de 60 morts entre dimanche et lundi, selon des sources militaires des deux camps.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a alerté mardi sur l'urgence d'une "désescalade au Moyen-Orient", avertissant qu'une intensification des hostilités serait "désastreuse" pour des dizaines de millions de personnes.

burx-mdh/vl

O.al-Khatib--BT