Ski de fond: trois fois argenté à Milan Cortina, Desloges vise l'or en 2030
Remporter l'or en battant le meilleur fondeur de l'histoire aux Jeux-2030 à domicile: après avoir remporté trois médailles d'argent à Milan Cortina, la révélation française Mathis Desloges rêve désormais de détrôner la légende Johannes Klaebo dans quatre ans.
"Je vise les titres olympiques pour 2030", lance le skieur de Villard-de-Lans, qui a rencontré l'AFP vendredi dans le cadre d'une tournée des médias.
Quasi inconnu il y a un mois, Desloges, qui a défilé comme porte-drapeau lors de la cérémonie de clôture aux côtés de la biathlète Lou Jeanmonnot, incarne aujourd'hui le renouveau de l'équipe de France qui a battu en Italie son record de médailles (23, dont huit en or), portée par le biathlon.
Ses trois médailles d'argent (skiathlon, 10 km classique, relais 4x7,5 km hommes) ont contribué à briser le plafond de verre du ski de fond tricolore, habituellement relégué aux places d'honneur derrière les pays nordiques.
"Pas content? Triplé, sourit-il en reprenant l'expression de Kylian Mbappé. Ça fait sens avec les Jeux. Déjà, je fais trois médailles. D'un autre côté, je fais du ski de fond, un sport que peu de gens connaissent, un sport besogneux qui ne donne pas spécialement envie."
La logique voudrait qu'il vise l'or à La Clusaz, qui accueillera les épreuves de ski de fond en 2030, mais deux nuages persistent à son altitude. Aucun Français n'a accompli cette prouesse, et il devra battre celui considéré comme le meilleur fondeur de l'histoire, le Norvégien Klaebo, qui a remporté six titres à Milan Cortina.
"J'ai 23 ans, il en a 29. Dans quatre ans, je serai plus mature. D'un point de vue physio, je serai dans mes meilleures années. 23 ans, c'est un peu jeune, j'ai peu d'années d'entraînement à gros volume", explique Desloges.
Le rendez-vous est déjà donné: Klaebo l'a désigné comme "l'homme à battre" en 2030, dans un entretien avec le quotidien L'Equipe.
- "Maître et acteur" -
"C'est un honneur parce que c'est le skieur le plus rapide de tous les temps. Ça ne me donne pas la pression. Ça me donne juste envie de retourner m'entraîner et de lui montrer que, oui, je serai la personne à battre en 2030. C'est un statut que j'ai envie d'assumer", réagit le Français.
Desloges a construit son exploit durant deux mois de préparation à haute intensité, à base d'entraînements quotidiens et un peu "de riz et de ketchup", rigole-t-il. Il a pris la décision osée de faire l'impasse sur la Coupe du monde pour se concentrer sur lui-même.
"J'aime bien être maître et acteur de mon projet", explique-t-il.
Durant la préparation, "plus je faisais des sacrifices, plus je me mettais dans des prédispositions mentales pour faire une médaille. J'ai vraiment besoin de croire à 100% dans ce que je fais", détaille-t-il.
Avec les 120.000 euros de primes perçues grâce aux médailles, il compte acquérir un tapis roulant de ski à roulettes pour pouvoir s'entraîner à la maison, par tout temps. "Je suis un passionné d'entraînement et de data, se justifie-t-il, Réinvestir de l'argent que j'ai gagné grâce au ski dans le ski, ça fait vraiment sens."
D'ici les JO-2030, Desloges espère se montrer en Coupe du monde, et jouer pourquoi pas un petit globe sur la distance.
Son nouveau statut, "j'aime bien et ça ne me dérange pas", affirme-t-il. "Je ne suis pas vraiment quelqu'un de stressé. J'ai une progression d'année en année qui est constante. Aujourd'hui, je pense que j'arrive vraiment à m'écouter et à me connaître. Je vais juste faire les choses comme je sais faire, et être très ambitieux à l'entraînement. Il n'y a aucune raison que ça se passe mal."
A.al-Binfalah--BT