Six nations: le XV de France humilié par l'Ecosse, voit le Grand Chelem s'envoler
Un rugby oublié, une confiance envolée, et des illusions perdues: le XV de France a vu son rêve de Grand Chelem dans le Tournoi des six nations être brisé par la furia écossaise samedi (50-40), trop forte pour des Bleus surclassés.
Balayés par un XV du Chardon sur un nuage qui rejoint la France en tête du classement avec 16 points, les Français gardent toutefois leur destin en mains grâce à un sursaut d'orgueil en fin de partie, et devront faire mieux que l'Ecosse lors de la dernière journée pour remporter le Tournoi.
L'Ecosse peut rêver d'un sacre, elle qui n'a plus mis la main sur le trophée depuis que le Tournoi est passé à six nations: son dernier titre remonte à 1999.
Les hommes de Fabien Galthié arrivaient pourtant à Murrayfield avec des certitudes, trois victoires au compteur et dans le viseur le rendez-vous de samedi prochain face à l'Angleterre. Mais parler de Grand Chelem était prématuré avant de défier l'escouade emmenée par un Finn Russell en état de grâce, après des succès prometteurs certes, mais obtenus face à des adversaires loin de leurs plus belles heures.
L'Ecosse s'est chargée de ramener la France sur terre, avec une brutalité encore jamais vue sous le mandat de Fabien Galthié, dont les joueurs n'avaient jamais encaissé autant de points, la faute aux sept essais marqués par les Ecossais (contre six pour les Bleus).
Après avoir transformé la capitale galloise en Cardiff-sur-Garonne mi-février, les supporters français avaient de nouveau opéré une transhumance impressionnante, donnant à Edimbourg des airs de Sud-Ouest, avec plus de 10.000 Tricolores présents en Ecosse.
Mais une fois le coup d'envoi donné sous un ciel bleu dépaysant, surtout pour les Ecossais, l'ambiance de feria s'est très vite heurtée à la détermination de fer du XV du Chardon.
- Défense aux abois -
Le début de match s'est résumé à une succession de petits signaux défavorables au XV de France, alors qu'ils tournaient jusque-là en faveur des Bleus: un en-avant de Thomas Ramos sur un ballon haut, des passes qui ne trouvent pas destinataire, des fautes dans des zones décisives...
Au milieu de cette multitude de scories, l'ailier Darcy Graham s'est faufilé jusqu'à l'en-but pour aplatir (5e), devenir le meilleur marqueur d'essais de l'histoire de la sélection écossaise, et surtout permettre à son équipe de mener face à la France, ce qu'aucune nation n'avait encore réalisé depuis le début du Tournoi.
Un avant-goût d'un après-midi en enfer, ou rien ou presque n'est allé dans le sens de Français démunis et agacés par la tournure des événements.
Au coeur d'un match manqué, Dupont a tenté de sonner la révolte, en arrachant le ballon des bras du capitaine adverse Sione Tuipulotu et permettre à Louis Bielle-Biarrey de remettre les deux équipes à égalité, en marquant pour le neuvième match d'affilée dans le Tournoi (7-7, 18e).
Le Bordelo-Béglais s'est mué en passeur quatre minutes plus tard, d'un coup de pied rasant malin pour Attissogbe (14-7, 22e). Mais cet avantage de courte durée s'est révélé être un leurre.
Vexée, l'Ecosse s'est rebellée avec la manière, forçant les Bleus à défendre et à se mettre à la faute. Une faute de Jegou? Finn Russell trouve la touche, et Kyle Steyn réduit l'écart (14-12, 26e). Une autre de Marchand? Les Ecossais lancent le rouleau-compresseur et repassent devant, grâce à Schoeman, avec en prime un carton jaune infligé à Matthieu Jalibert.
Derrière à la pause, les Français ont explosé au retour des vestiaires dans des proportions extraordinaires.
Le N.9 de Toulon Ben White, vainqueur de son duel avec Dupont, a allumé la première mèche puis Steyn et Graham se sont offert un doublé chacun face à une arrière-garde aux abois, avant que Tom Jordan n'alourdisse la note.
28 points encaissés en 19 minutes. Le match était plié, et la réaction observée en fin de match peut laisser des regrets: malgré une prestation ratée, les Français ont su trouver des failles dans les dernières minutes grâce à Serin, Jegou et Ramos, et échouent même à trois petits points du bonus défensif.
J.al-Balooshi--BT