Foot: avis négatif du CNOSF, le spectre de liquidation se rapproche pour les Girondins
Le spectre d'une liquidation judiciaire se rapproche des Girondins de Bordeaux, monument du football français, après l'avis négatif rendu par le Comité national olympique et sportif français (CNOSF), leur dernier recours sportif contre leur exclusion des championnats nationaux.
La mesure, notifiée vendredi soir au club, selon son vice-président Arnaud De Carli - confirmant une information du journal Sud Ouest -, est réputée "acceptée par les parties" et doit être appliquée dès sa notification, selon le Code du Sport.
Le sextuple champion de France, qui devait normalement repartir en National 1 (4e échelon), est donc rétrogradé, au mieux, en Régional 1 (6e échelon).
Il a quinze jours pour s'opposer à cette mesure et déposer un recours devant le tribunal administratif, mais le championnat de N1 reprend dans une semaine, le samedi 22 août.
Les Girondins avaient été sanctionnés faute d'avoir apporté la dizaine de millions nécessaires au bouclage de l'exercice 2025-2026, au financement de celui de 2026-2027 et des échéances de dette lors de leur passage devant la Direction nationale du contrôle de gestion (DNCG) fin juin, puis en appel mi-juillet.
Après avoir racheté fin juillet le club pour un euro symbolique à l'homme d'affaires hispano-luxembourgeois Gerard Lopez, le fonds britannique Sparta Capital a réuni ces fonds avant de plaider sa cause devant le CNOSF le 4 août.
- Giresse, Tigana, Zidane et Lizarazu -
Dix clubs de N1 avaient dénoncé cette énième procédure des Girondins, habitués de ces recours ces dernières années, soulignant dans un communiqué que le CNSOF "n'est pas censé prendre en compte, dans son analyse, d'éléments nouveaux par rapport à ceux fournis à la DNCG" et que "les fonds qui devaient être versés en garantie ne l'ont pas été avant la date limite fixée par le CNOSF".
Depuis son dernier titre de champion de France en 2009, le club où ont brillé Alain Giresse, Jean Tigana, Zinedine Zidane ou encore Bixente Lizarazu, a connu une descente aux enfers financière et sportive.
Elle s'est accélérée depuis son rachat en 2021 par Gerard Lopez, évincé quelques mois plus tôt de Lille pour raisons financières.
Les Girondins sont descendus en L2 la saison suivante puis ont été rétrogradés de deux échelons en 2024, se plaçant pendant un an sous la protection du tribunal de commerce, jusqu'à l'adoption d'un plan de continuation en juin 2025, prévoyant une importante réduction de leur dette, d'environ 100 millions d'euros à 26 millions d'euros.
Ils ont dû abandonner au passage leur statut professionnel et leur très réputé centre de formation.
Mais leur situation financière restait alarmante et faute des millions d'euros réclamés par la DNCG, une procédure de liquidation judiciaire pourrait être entamée, scellant probablement la fin d'une histoire plus que centenaire.
Or, le versement des fonds réunis par Sparta est lié au maintien en N1, selon Sud Ouest.
Les incertitudes autour de l'avenir du club ont entraîné le départ de plusieurs joueurs cet été et celui, soudain, la semaine dernière de Rio Mavuba, qui avait succédé sur le banc bordelais à Bruno Irles au début du printemps.
Y.al-Hamad--BT