Ligue des nations: l'Espagne, souveraine, réussit sa reprise en Angleterre
L'Espagne a fait briller son étoile de championne du monde dans le ciel de Wembley, samedi contre l'Angleterre (3-2) au bout d'un match spectaculaire de Ligue des nations gagné, comme souvent, avec l'aide de ses remplaçants.
L'affiche à Wembley a ressemblé à une course-poursuite haletante, avec les deux camps s'échangeant les rôles à mesure que la tension dramatique s'élevait.
La Roja a frappé en premier par Lamine Yamal (2e, 1-0), elle s'est fait renverser avant la mi-temps (36e, 40e), elle a tremblé comme la barre transversale d'Unai Simon, sur un penalty manqué par Harry Kane (54e), avant de l'emporter grâce aux entrants Alex Baena (60e, 2-2) et Mikel Oyarzabal (74e, 3-2).
Cela ressemble à une nouvelle démonstration, certes moins maîtrisée qu'habituellement, de la part de Luis de la Fuente, le sélectionneur qui transforme tout en or, que ce soit en Ligue des nations (2023), à l'Euro (2024) et en Coupe du monde (2026).
Deux mois après leur triomphe contre l'Argentine (1-0), en finale du Mondial, les Espagnols ont montré qu'ils avaient encore une faim de loup, en même temps qu'ils ont exposé les fragilités du camp anglais.
Thomas Tuchel était lui attendu au tournant après la déception du Mondial et ses contempteurs trouveront dans le revers de samedi de nouvelles munitions. Pourtant, ses joueurs ont affiché un tas de promesses et du coeur, à défaut de maîtrise.
Ils ont eu le mérite, notamment, de relever la tête après une entame catastrophique. Il n'a en effet fallu qu'une minute et 45 secondes à Lamine Yamal pour transformer une énorme bévue du défenseur Marc Guéhi en but, d'un tir entré avec l'aide d'un poteau de James Trafford (2e, 1-0).
- Banc gagnant -
La titularisation du gardien de Leeds (23 ans), aux dépens de l'expérimenté Jordan Pickford, aurait pu virer au cauchemar sans un hors-jeu de Ferran Torres (8e), un tir trop croisé du néo-Parisien (27e) et un autre de Dani Olmo (34e).
Trafford a aussi sauvé les siens de la noyade en gagant son face-à-face avec Torres (16e), dans une période où la Roja déroulait son implacable partition: pressing haut et coordonné, attaques placées et défense de fer.
Les Anglais ont eux gâché trop de centres et de coups de pied arrêtés, d'abord, pour faire vaciller l'édifice de De la Fuente, invaincu depuis plus de trois ans en match officiel (hors séance de tirs au but).
Pourtant, ils ont continué de pousser avec un courage et une abnégation qui leur avaient tant manqué durant la demi-finale du Mondial perdue 2-1 contre l'Argentine, après avoir mené 1-0.
Et en l'espace de cinq minutes, les Three Lions ont donné deux coups de griffe dévastateurs.
L'Espagne s'est d'abord fait surprendre sur une contre-attaque partie d'Elliot Anderson et rondement menée par Anthony Gordon, l'ailier du FC Barcelone, d'une subtile déviation pour Jude Bellingham et d'une belle finition devant Unai Simon (36e, 1-1).
Puis sur un centre de Nico O'Reilly, repris par la tête de Harry Kane et déviée par Marc Cucurella dans ses propres filets (40e, 2-1).
Le capitaine Kane a mis les siens devant, mais il les a aussi mis en difficulté, en seconde période, en envoyant sur la barre un penalty obtenu par Bellingham (54e).
De la Fuente a dans la foulée fait entrer Alex Baena et Mikel Oyarzabal. Son coaching a été doublement payant: l'ailier de l'Atlético a égalisé (60e, 2-2) et l'attaquant de la Real Sociedad a inscrit le but de la victoire d'un petit ballon piqué (74e, 3-2).
N.al-Sayed--BT