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Fifa: la FFF acte sa rupture avec Infantino, candidat à sa réélection
Fifa: la FFF acte sa rupture avec Infantino, candidat à sa réélection / Photo: © AFP

Fifa: la FFF acte sa rupture avec Infantino, candidat à sa réélection

La Fédération française de football se joint à la liste: elle décidé jeudi de retirer son soutien à Gianni Infantino, candidat à sa réélection en mars 2027 à la tête de la Fifa et contesté après son projet avorté de société commerciale.

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"Nous considérons que d'une certaine manière, la confiance placée dans le président de la Fifa a été rompue, que la façon dont nous envisageons la conduite du football mondial ne nous correspond plus. C'est la raison pour laquelle, à l'unanimité de ses membres, la Fédération française de football a décidé de retirer son soutien à la candidature de Gianni Infantino à la présidence de la Fifa", a déclaré son patron, Philippe Diallo, à l'issue d'un comité exécutif à Paris.

Pour le dirigeant français, qui avait décidé de ce "comex" pour valider de manière collégiale son choix, cette décision est "pour l'intérêt général du football", évoquant des "évènements touchant au coeur du sport" pendant et après la Coupe du monde 2026.

Il faisait référence à l'affaire Balogun. Exclu lors du 16e de finale face à la Bosnie-Herzégovine, l'attaquant américain a vu sa suspension automatique pour le huitième de finale levée après l'intervention Donald Trump auprès de Gianni Infantino, qui affiche depuis longtemps sa proximité avec le président américain.

Puis, fin juillet et à la surprise générale, M. Infantino a annoncé la création d'une société commerciale ouverte à des investisseurs privés à hauteur de 20% pour y loger les recettes de la Coupe du monde.

- "Consultations" pour un candidat -

Depuis, le monde du football se déchire autour de sa gouvernance, jugée opaque par ses adversaires qui lui reprochent d'avoir élaboré sans concertation ce projet.

Assailli de critiques, l'homme à la tête de la Fifa depuis 2016 a rapidement abandonné son projet, ce qui n'a pas suffi à éteindre la polémique.

En retirant publiquement son soutien à l'Italo-Suisse après le lui avoir accordé en juin, comme 200 autres selon M. Diallo, la FFF, l'une des plus puissantes fédérations mondiales, suit l'Italie, la Belgique, la Suède et l'Ecosse, ou l'Angleterre qui a pris ses distances.

Pour son patron, la FFF a une "double légitimé": "historique car la France est un pays fondateur de la Fifa et elle a la légitimité d'intervenir quand elle a le sentiment que la Fifa et son président dévient dans la conduite du football mondial", et "sportive: cela fait dix ans que la France est dans le top 3 du classement Fifa".

Et pour cela, dans un "timing serré" (le dépôt des candidature est clôt le 18 novembre), la France sera active pour choisir un candidat, en lien avec d'autres fédérations.

La 3F va ouvrir "une série de "consultations" auprès d'universitaires, d'ONG comme la Croix-Rouge ou de Kevin Lamour, le N.3 français de la Fifa qui a quitté son poste à la suite de la polémique.

- Profil "légitime et fédérateur" -

L'idée ? "réfléchir à un bon mode de gouvernance", affirme le directeur général de la FFF, Jean-François Vilotte.

"Notre mission c'est de faire émerger un programme alternatif et un candidat, et de le faire gagner", a lancé Philippe Diallo, ajoutant qu'il n'avait personne "en tête". Selon lui, "il faut un profil qui soit légitime et fédérateur de l'ensemble des parties du monde".

Parallèlement à la France, l'Angleterre a décidé de mener un audit et les Pays-Bas souhaite réunir "200 fédérations mondiales pour parapher un projet commun".

Aleksander Ceferin, le patron de l'UEFA, a annoncé qu'il ne briguerait pas la présidence, tout en affirmant que "nous aurons un candidat contre lui. Je ne sais pas encore qui".

Selon différents médias, le Canadien Victor Montagliani, président de la Concacaf, pourrait entrer dans la bataille.

Dimanche, Gianni Infantino a confirmé qu'il briguerait un troisième mandat le 18 mars 2027. Seul candidat déclaré, il lui faudra recueillir la majorité simple de voix des 211 fédérations affiliées à la Fifa.

L'actuel dirigeant du football mondial s'accroche donc à son poste malgré les appels à la démission et la pression des confédérations asiatique (AFC) et Amérique du Nord-Caraïbes (Concacaf), ainsi qu'une partie de l'Amérique du sud. Il a toutefois reçu le soutien "unanime" de la Confédération africaine.

R.al-Mulla--BT