Wall Street recule, lestée par la remontée des prix de l'énergie et l'inflation
La Bourse de New York évolue en baisse jeudi, minée par la remontée du pétrole au-delà de 100 dollars, qui vient alimenter une inflation américaine déjà élevée et fait flamber les taux obligataires.
Vers 14H10 GMT, le Dow Jones cédait 0,61%, l'indice Nasdaq perdait 0,80% et l'indice élargi S&P 500 reculait de 0,68%.
"Le vrai problème, c'est que les investisseurs observent tout cela et, comme on ne voit pas la fin de la guerre en Iran, il est difficile d'imaginer ce qui pourrait améliorer la situation en termes de perspectives inflationnistes", commente auprès de l'AFP Art Hogan, analyste du gestionnaire de fortune B. Riley Wealth Management.
Selon lui, "la capacité du marché à ignorer les prix de l'énergie au début de cette guerre, alors qu'ils avaient alors davantage augmenté, reposait sur l'hypothèse que ce conflit serait beaucoup plus bref".
Le baril de Brent s'affiche à environ 105 dollars, soit 45% plus cher qu'avant le début du conflit au Moyen-Orient, et le baril de WTI a franchi jeudi la barre des 100 dollars.
La flambée des cours des hydrocarbures alimente un peu plus les craintes inflationnistes, déjà fortes.
Selon un rapport publié jeudi, l'indice des prix à la production (PPI) a nettement réaccéléré le mois dernier aux Etats-Unis, à +5,4% sur un an contre +4,8% en juillet.
Et ce, avant même la réescalade militaire entre Washington et Téhéran autour du stratégique détroit d'Ormuz.
L'indice permet de jauger les pressions sur leurs coûts de production, qui sont souvent répercutées jusque dans les prix en magasins.
Son accueil a été particulièrement glacial du côté du marché obligataire.
Déjà en hausse plus tôt dans la journée, le taux d'intérêt de la dette publique des Etats-Unis a bondi à un nouveau plus haut depuis 2007, à 5,35%.
Le rendement à dix ans évoluait, lui, à 4,92%, un plus haut depuis 2023. Il s'établissait à 3,94% avant les premières frappes israélo-américaines en Iran fin février.
Les prêteurs demandent des intérêts plus importants pour compenser l'inflation, qui érode dans la durée la valeur de leur capital.
L'indice PPI a aussi renforcé les attentes de tour de vis monétaire par la Réserve fédérale (Fed). Selon l'outil de veille CME FedWatch, les marchés anticipent à une large majorité une hausse des taux directeurs dès la réunion de septembre et en escomptent une autre d'ici à la fin de l'année.
Un autre rapport sur l'inflation, du côté des consommateurs (CPI) cette fois, sera publié vendredi en début de journée. Il pourra permettre d'affiner les attentes monétaires.
"Il n'y a probablement aucun chiffre (...) qui puisse apaiser les esprits", anticipe Art Hogan.
Côté entreprises, les grands noms des puces à l'instar de Nvidia (-2,50%), AMD (-2,86%) ou Micron (-3,87%) étaient freinés par la hausse des coûts d'emprunt.
Les géants technologiques s'appuient de plus en plus sur l'endettement pour développer les centres de données dédiés à l'intelligence artificielle (IA).
La chaîne de grands magasins Macy's reculait de 2,52% à 20,96 dollars malgré des résultats trimestriels en hausse qui l'ont conduit à rehausser ses prévisions annuelles.
H.al-Saleh--BT