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Présidentielle en Bulgarie : Iliana Iotova, partisane du dialogue avec Moscou, l'emporte
Présidentielle en Bulgarie : Iliana Iotova, partisane du dialogue avec Moscou, l'emporte / Photo: © AFP

Présidentielle en Bulgarie : Iliana Iotova, partisane du dialogue avec Moscou, l'emporte

La présidente sortante Iliana Iotova, qui plaide pour le dialogue avec Moscou afin de mettre fin à la guerre en Ukraine, a remporté dimanche la présidentielle en Bulgarie, selon plusieurs sondages à la sortie des urnes.

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Avec entre 52,5 et 59 % des voix selon ces premiers sondages, elle devance largement son rival Andrey Gyurov, ancien Premier ministre par intérim soutenu par l'opposition pro-occidentale, qui a rassemblé entre 38 et 44 % des suffrages.

Assen Vassilev, chef du parti Continuons le changement, l'une des formations ayant soutenu Andrey Gyurov, a immédiatement reconnu la victoire d'Iliana Iotova.

"Attendons les résultats définitifs. Je pense que l'écart sera nettement plus serré, mais personnellement, je ne m'attends pas à ce que le vainqueur change", a-t-il déclaré aux médias.

"La corde sensible de la peur de la guerre a été exploitée", souligne l'analyste, qui constate aussi que le parti du Premier ministre Roumen Radev, Bulgarie progressiste, qui a soutenu Mme Iotova, a réussi à remobiliser ses électeurs, après un premier tour serré.

- Attaques en mer Noire -

Après avoir voté dimanche dans un lycée de Sofia, Mme Iotova, 62 ans, a plaidé pour une Bulgarie qui soit "un État fort au sein d'une Europe forte", défendant une politique étrangère indépendante fondée sur "l'intérêt national", même si elle ne conteste pas la place du pays dans l'Union européenne et l'Otan.

Lors d'un débat télévisé jeudi, elle avait répété que la paix en Ukraine "ne peut venir que par des négociations".

"Déverser davantage d'argent en Ukraine, fournir de nouvelles armes, plus sophistiquées, ne conduit qu'à davantage de destructions et à la mort de nombreuses personnes des deux côtés", a-t-elle affirmé.

En face, M. Gyurov, 50 ans, avait lui estimé que "la Russie doit mettre fin à son agression pour que les prochaines étapes puissent être franchies".

"Nommons le pays d'où viennent les menaces", a-t-il ajouté, reprochant à Mme Iotova de ne pas avoir directement mis en cause Moscou.

Les 6 et 13 octobre, quatre navires marchands ont été frappés par des drones au large de la Bulgarie, faisant 21 disparus. Le Premier ministre Roumen Radev a jugé ces attaques favorables aux intérêts de Moscou, tout en refusant d'en désigner formellement l'auteur faute, selon lui, de preuves tangibles.

Selon le politologue Parvan Simeonov, la situation en mer Noire a joué un "rôle très important" dans la campagne, mais c'est finalement les partisans du dialogue qui l'emportent pour des raisons démographiques et historiques.

Ancienne journaliste et figure du Parti socialiste, Iliana Iotova a siégé au Parlement européen avant d'être élue vice-présidente aux côtés de M. Radev en 2016 et 2021.

Elle lui a succédé en janvier après sa démission pour se lancer dans la bataille des législatives, remportées par son camp en avril. Elle devient le première femme élue à la tête de ce pays de 6,4 millions d'habitants.

Les fonctions présidentielles sont essentiellement représentatives, mais la personne qui les exerce dispose d'un droit de veto sur les lois et est le commandant suprême des forces armées.

Mme Iotova a également promis de s'attaquer au "terrible problème de la pauvreté" en Bulgarie, pays le plus pauvre de l'UE.

Le premier tour avait été marqué par une participation historiquement faible de 23 %. Cette fois, elle s'est élevée entre 27 et 29% environ selon les premiers chiffres.

Petar Doïtchinov, ingénieur à la retraite de 67 ans, qui s'était abstenu au premier tour, est venu voter pour "le moindre mal", estimant qu'aucun des deux candidats ne correspond à sa "conception de la démocratie".

"Je n'aime aucun des deux candidats, mais je n'aime pas non plus le retour du communisme auquel on assiste ces dernières années. C'est pourquoi je suis venue voter", a déclaré à l'AFP Krassimira Kostova, une enseignante de 64 ans.

S.al-Ali--BT